Comprendre le classement des archives départementales. Savoir quoi chercher et où ?

classement Archives Départementales

Classement Archives Départementales : Comprendre l’organisation des archives est essentiel pour toute recherche généalogique. Cela permet de naviguer efficacement à travers les différentes séries et sous-séries, optimisant ainsi vos chances de retrouver des informations précieuses sur vos ancêtres. Saviez-vous que les recensements de population sont une mine d’informations ? Pour en savoir plus sur l’organisation administrative française, vous pouvez consulter le site des Archives Nationales. De plus, n’oubliez pas de consulter comment interviewer ses aînés pour compléter vos recherches.

Comprendre le classement des Archives Départementales : Le guide pour ne plus chercher au hasard

Vous avez franchi le pas. Après avoir interrogé vos proches et rassemblé les vieux livrets de famille, vous voilà prêt à plonger dans le grand bain de l'histoire. Vous ouvrez le site internet des Archives Départementales ou, mieux encore, vous poussez la porte de la salle de lecture. Et là, c’est le vertige.

Série E, sous-série 3E, série R, liasse, registre, cote… Le vocabulaire est technique, l’organisation semble cryptique. Pourtant, derrière cet alphabet de prime abord austère se cache une logique implacable conçue pour préserver la mémoire de notre nation.

Je suis Pascal Connier, généalogiste professionnel chez La Grande Famille, et mon rôle est de vous donner les clés de ce labyrinthe. Comprendre le classement des archives, ce n'est pas seulement apprendre des lettres, c'est apprendre à lire la vie de vos ancêtres à travers les traces qu'ils ont laissées à l'administration.

Pourquoi les archives sont-elles classées ainsi ?

Contrairement à une bibliothèque où les livres sont classés par sujet (histoire, géographie, cuisine), les archives publiques sont classées selon le principe du respect des fonds. Cela signifie qu'on ne mélange pas les documents selon leur thème, mais qu'on les regroupe selon l'organisme qui les a produits (la préfecture, le tribunal, le notaire).

En France, le cadre de classement des Archives Départementales est identique d'un département à l'autre. C'est une chance immense : une fois que vous avez compris comment chercher dans le Rhône, vous saurez comment faire dans le Finistère !

Le Premier bloc : Les archives anciennes (avant 1790)

Si vos recherches vous mènent sous l'Ancien Régime, vous allez naviguer dans les lettres allant de A à H. C'est ici que l'on trouve les racines les plus profondes de votre arbre.

La Série E : La reine de la généalogie

C'est la série que vous fréquenterez le plus. Elle regroupe les titres de famille, mais surtout les registres paroissiaux. Avant la Révolution, c’est le curé qui tenait l’état civil (baptêmes, mariages, sépultures). C’est aussi dans cette série (souvent en sous-série 3E) que l'on trouve les minutes notariales. Contrats de mariage, testaments, inventaires après décès : c’est ici que vos ancêtres prennent chair.

Les Séries G et H : Le clergé

La France d'autrefois était profondément religieuse. La série G (clergé séculier) et la série H (clergé régulier, comme les abbayes) recèlent des trésors sur la propriété foncière et la vie quotidienne des paroisses.

Le Deuxième bloc : Les archives modernes (1790 – 1940)

C’est ici que se trouve le "gros" de vos recherches généalogiques. C'est la période de la mise en place de l'administration napoléonienne et républicaine.

La Série E (encore elle !) : L'État Civil

À partir de 1792, la mairie remplace la paroisse. Naissances, mariages et décès sont consignés ici. C’est la base de tout arbre généalogique. N'oubliez pas les Tables Décennales, ces index alphabétiques qui vous font gagner un temps précieux.

La Série R : La gloire et la sueur (Affaires militaires)

C'est l'une des séries préférées des généalogistes. Grâce aux registres matricules, vous pouvez suivre le parcours militaire de vos ancêtres masculins : leur description physique (taille, couleur des yeux), leurs blessures, leurs campagnes et leurs éventuelles décorations. Un portrait saisissant de vos aïeux à leurs 20 ans.

La Série M : L'œil de l'administration (Administration générale)

Vous y trouverez les listes électorales, mais aussi les recensements de population (disponibles tous les 5 ans à partir de 1836). C'est l'outil idéal pour reconstituer la composition d'un foyer : qui vivait sous le même toit ? Y avait-il des domestiques ? Un grand-parent logeait-il là ?

La Série P : Les finances et le cadastre

Votre ancêtre possédait-il une maison ? Des terres ? Le cadastre napoléonien (série P) vous permet de localiser précisément la parcelle de terrain et de voir l'évolution du patrimoine familial au fil des décennies.

La Série U : La justice

Un ancêtre a été témoin d'un crime ? Il a fait l'objet d'un procès pour un différend de voisinage ? La série U conserve les jugements. C'est une source incroyable pour découvrir la personnalité et les conflits qui ont émaillé la vie de vos ancêtres.

Le Troisième bloc : Les archives contemporaines (après 1940)

La Série W

Depuis 1979, toutes les archives versées après 1940 sont classées dans la série W. Contrairement aux séries précédentes, elles sont classées par ordre d'arrivée (versements). Il faut ici s'appuyer sur des répertoires numériques très précis pour retrouver un dossier spécifique, comme une demande de naturalisation ou un dossier de reconstruction après-guerre.

Comment chercher concrètement ?

Pour ne pas vous noyer, la méthode est la suivante :

  1. L'Inventaire (ou Instrument de Recherche) : C'est le catalogue. Avant de demander un carton, vous devez consulter l'inventaire de la série concernée.
  2. La Cote : C'est l'adresse du document. Exemple : "2E 456". Le "2" est le préfixe, "E" la série, et "456" le numéro du carton ou du registre.
  3. Le délai de communicabilité : Attention, tout n'est pas consultable de suite. Pour protéger la vie privée, l'état civil de moins de 75 ans ou certains dossiers de justice sont soumis à des délais.

Le conseil de "La Grande Famille"

Si les archives numérisées sont une bénédiction, elles ne représentent souvent que 5 % de la masse totale des documents conservés. L'état civil n'est que la porte d'entrée. Pour découvrir qui étaient vraiment vos ancêtres, il faut oser quitter les écrans et aller consulter les séries "papier" en salle de lecture : les archives hospitalières (série X), les dossiers de successions (série DQ) ou encore les archives de la navigation.

C’est là que mon métier de généalogiste professionnel prend tout son sens. Là où le novice s'arrête faute de documents en ligne, je prends le relais pour fouiller les dépôts d'archives et dénicher l'acte notarié ou le dossier judiciaire qui débloquera votre généalogie.

Chercher dans les archives, c'est mener une enquête policière où les témoins sont des papiers jaunis mais dont la voix résonne encore avec force pour qui sait les lire.


Et vous, quelle est la série d'archives qui vous a permis de faire la découverte la plus surprenante sur votre famille ?

Archives départementales : série R

Archives départementales : série R

Depuis les commémorations du centenaire de la Grande Guerre, de nombreuses personnes ont exploré les registres matricules militaires, numérisés à cette occasion… sans toujours avoir conscience qu'ils 'intégraient dans la série R des Archives départementales. En outre, ils ne constituent que la pointe émergée d'une immense variété de documents disponibles , si utiles aux chercheurs, historiens et généalogistes, que les déplacements dans les centres d'archives devraient être considérés comme indispensables.

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Archives départementales mode d'emploi

Archives départementales mode d'emploi

On a perdu l'habitude d'aller sur place dans les locaux des archives départementales (AD) et c'est un tort, car ce qui est accessible par Internet ne représente que 3 % à 4 % des documents conservés et que les AD dispensent des cours et des conférences que tous les généalogistes pourraient suivre avec profit. Dépositaires des fonds anciens indispensables aux historiens, les AD centralisent les documents utiles à ceux qui travaillent sur le passé de leur famille : état civil, registres paroissiaux, recensements et documents notariés, pour ne citer que les principaux. Si les premiers sont simples de consultation et accessibles en ligne dans 90 % des cas, les fonds d'archives permettant de reconstituer des biographies…

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